Entre 1976 et 1980, il est l’apprenti du sculpteur Philippe Scrive. Il poursuit ensuite son apprentissage auprès de Philippe Comar, puis travaille comme peintre et sculpteur aux côtés de Jean-Paul Goude, de Daniel Pommereulle et de Charles Matton.

Ces expériences nourrissent une œuvre qui refuse de choisir entre les disciplines et où peinture, sculpture, photographie et mise en scène dialoguent sans cesse.

Peindre, construire, transformer

Depuis les années 1980, Renaud Ditte réalise des peintures, des illustrations, des décors, des moulages et des photographies. Il s’intéresse particulièrement aux relations entre la réalité et sa représentation.

La photographie lui permet de fixer un instant, tandis que la peinture transforme cet instant en souvenir, en fiction ou en apparition. La sculpture et les objets introduisent une dimension tactile et théâtrale. Les images numériques prolongent cette recherche en ouvrant un espace où plusieurs réalités peuvent se superposer.

Son travail se construit ainsi par strates : une image, une matière, une lumière, une référence, puis une nouvelle interprétation.

Le Morvan comme territoire sensible

À partir des années 2000, le Morvan devient un territoire essentiel dans son œuvre. Les paysages du lac des Settons, les forêts, les rivières et les villages ne sont pas seulement des sujets à peindre : ils deviennent un laboratoire de lumière, de couleur et de mémoire.

Renaud Ditte participe à plusieurs projets consacrés au lac des Settons et à son histoire, à travers des illustrations, des photographies, des peintures à l’huile, des photomontages et des expositions. Il collabore également à des ouvrages et à des projets culturels liés au territoire.

Dans ses paysages, la nature n’est jamais totalement immobile. Elle semble respirer, se souvenir et parfois se transformer sous le regard.

Les Diableries

Parmi les ensembles les plus marquants de son parcours figure son travail autour des Diableries, auquel il rend hommage depuis les années 1990. Ces scènes fantastiques, inspirées d’un univers du XIXe siècle à la fois baroque, ironique et théâtral, lui permettent d’explorer une peinture où l’humour côtoie l’étrange.

Renaud Ditte ne cherche pas à moderniser artificiellement cet univers. Il en respecte l’esprit, la naïveté parfois, mais lui redonne une intensité nouvelle par la couleur, la matière et la lumière. Le diable y devient moins une figure terrifiante qu’un personnage de théâtre, grotesque, malicieux ou mélancolique.

Ce travail a retenu l’attention de Brian May, collectionneur d’images stéréoscopiques, et a été présenté en 2015 à la Halle Saint-Pierre à Paris dans le cadre de l’exposition internationale HEY! Modern Art & Pop Culture / ACT III.

Expositions récentes

Depuis 2017, Renaud Ditte poursuit son travail et présente régulièrement ses œuvres dans des lieux culturels et artistiques de la Nièvre et du Morvan. Ces expositions permettent de découvrir différentes facettes de son univers : paysages, scènes fantastiques, peintures inspirées des Diableries, objets et recherches autour de l’image.

  • Musée de la Faïence, Nevers.
  • Chapelle Sainte-Marie, Nevers.
  • Espace Condorcet, Château-Chinon.
  • Café de Paris, Saulieu, avec l’exposition Les Diableries.
  • Atelier 044 Podium, Lormes.
  • Musée du Charolais, Moulins-Engilbert.

Une œuvre à vivre

Les tableaux de Renaud Ditte sont des œuvres originales, réalisées pour être regardées dans la durée. Certaines invitent à la contemplation par leurs paysages et leurs lumières. D’autres retiennent le regard par leur humour, leur étrangeté ou la richesse de leurs détails.

Chaque peinture possède son propre caractère. Elle peut évoquer un souvenir, une histoire, un rêve ou un monde imaginaire, et trouver sa place dans un intérieur comme une présence singulière.

Aujourd’hui encore, Renaud Ditte continue d’expérimenter. La peinture à l’huile reste au centre de sa pratique, mais elle dialogue avec la photographie, la sculpture, les objets et les outils numériques. C’est dans cet espace de transformation que ses tableaux trouvent leur singularité.