Diablerie

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Lors de la démolition d'un immeuble parisien, une grue mécanique mit à jour une vieille caisse en bois, fermée par deux ceinturons de soldat.
   Le brocanteur qui l'acheta y trouva des plaques photographiques et une lettre ainsi libellée:
         "Ceci est le travail de toute ma vie. C'est ainsi que j'ai rêvé les enfers. Si j'ai vu juste, que les méchants se rassurent, l'éternité sera pour eux bien douce à supporter."
   Quelques mois plus tard, au marché aux puces de Montreuil, le brocanteur me vendit ces plaques et ne m'en dit pas plus. Ces prises de vue de petites saynètes construites en profondeur, ornées d'os, de cornes et d'ailes de chauve-souris décrivent une sorte de vie quotidienne de Monsieur et Madame Satan aux enfers.
   Etonnantes et admirables, absurdes et anonymes, elles ne cessent de m'intriguer. 
   Ces sculptures originales existent-elles encore? Je remercie par avance tous ceux qui pourraient m'aider à dissiper ce mystère

Jac Remise

   A une époque où la plupart des jeunes artistes, s'orientent, avec une docilité déroutante, vers les trois ou quatre voix dictées par le marché, Renaud Ditte me semble faire preuve d'une rare originalité, car, lorsqu'on apprend que les nouveaux "conceptuels" américains s'approprient des oeuvres de Matisse ou de Picasso, lui, Renaud Ditte s'approprie une oeuvre méconnue et tente, sans utiliser donc aucun système de référence, de trouver à cette œuvre une équivalence contemporaine, il démontre alors, avec brio, sa modernité en même temps que son courage. 
  En d'autres termes, dans le courant d'un certain retour au barogue, il s'insère, selon moi, avec le courage particulier aux pionniers, dans l'inconnu d'un territoire que personne, à ma connaissance, n'a tenté d'explorer. Il faut dire aussi qu'il faut une grande pureté pour affronter le diable sans dommage… J'apprécie cette témérité…

Charles Matton

 D'abord , il fait noir. Très noir. Ils surgissent lentement, de plâtre, pierre ou chair. Etes-vous prêts pour une visitation chez Satan, pour une résurrection utopique de Noir et Blanc?
  Le peintre ne peut avoir, avec les facéties de Satan, qu'un rapport de pillard: les personnages mis en situation de festoiement avec Diable par un photomonteur Anonyme du xix-me siècle, sont aggrippés, extraits du noir, pour être ramenés sur terres. La couleur donne du feu aux joues et aux nez de ces hères revenus des enfers. Le jaune, le rouge et le bleu, appliqués consciencieusement par un jeune "renaissant " sans conscience, et terriblement ancré dans son siècle, font de ces rescapés, des "comic's" plutôt extravertis et relativement désenvoûtés. Les portraits séquentiels et plans d'ensemble, posés de façon légèrement anachronique et décalée dans le très américain espace d'exposition de McCann-Erickson, en ce mois de décembre synthétique et fin de siècle, méritent quelque attachement .

Joséphine Humbert